Ce que J'en dis (5) par Cedric Perrin

Publié le par Cedric Perrin

L’autre soir, je discutais en tchat Facebook avec Alexandre (celui qui joue le bon flic dans la duo à la tête de ce site) et nous parlions de Bendis. Je disais “je l’aime”, il me répondait “il est cuit”. Ce fut néanmoins une discussion cordiale. Nous sommes tous les deux bien élevés. Bref, comme j’étais un eu angoissé à l’idée de trouver une idée brillante à exposer dans mon texte (en retard, je sais) de la semaine, je me suis dis que c’était le moment où jamais de parler de mon Brian préféré et pourquoi, oui, c’est vrai, il est sans doute moins resplendissant aujourd’hui qu’il y a quelques années.



 

Je ne me souviens plus très bien quand j’ai découvert Bendis. Je n’ai jamais lu Torso, un collègue ne m’a prêté Fortune and Glory qu’assez récemment et je crois que, un peu comme la plupart des français, c’est dans Daredevil que je l’ai lu la première fois. On avait fait tout un foin sur le run de Smith & Quesada (dont je ne me souviens guère aujourd’hui), on louait la reprise de Bendis, je ne pouvais pas manquer ça. J’ai tout de suite adoré. D’abord pour ce que beaucoup lui reprochent, à savoir ses dialogues. Adepte du ping pong verbal (comme dans les sitcom US), BMB n’a pas son pareil pour rendre une scène de discussion vivante, drôle, caractérisant ses personnages avec finesse, imposant des ambiances en quelques cases, bref il dynamite tous ces passages super explicatifs, comme on peut en trouver partout ailleurs (Kirkman et Millar en tête). Mais plus encore que ça, Bendis a apporté son côté fanboy avec lui. Il ne faut pas longtemps pour comprendre, en le lisant, qu’il a dévoré des comics pendant toute son enfance. Du fait, il porte un regard à la fois respectueux et amusé sur tous ces personnages et en particulier sur des héros (ou méchants) de seconde zone, probablement populaire il y a des dizaines d’années et depuis tomber naturellement en désuétude. En optant pour un second degré pratiquement permanent, il s’offre donc le loisir de ressusciter ces personnages mais joue avec le souvenir qu’il peut (et que nous autres aussi, avons) avoir sur ces personnages. Ainsi, si un vilain porte un costume ou un nom ridicule (ou les deux), il le reconnaîtra, ou il sera vanné par ses paires. Paradoxalement, c’est cette distance créée par rapport à ces personnages qui rendront plus crédibles leurs actions (comme la folie ou la vengeance).


   

Ce travail effectué sur Daredevil, il le fera aussi sur Alias, l’une des meilleurs séries qu’il m’ait été donné de lire à ce jour. Là aussi les recettes sont les mêmes. Sur fond de polar, il revisite, joue et invente même des souvenirs de fanboy qu’il greffe à ses personnages. De fait, il joue avec la sacro-sainte continuité, ce qui commence à faire hurler les lecteurs intégristes (j’en connais quelques uns). Moi, j’aime ça. Rien n’est sacré.

C’est un peu plus tard, grâce à Semic, que j’ai connu Powers, alors édité par Image. Là encore j’ai adoré... et j’ai bien été frustré par la fin de la parution française... 

 

Longtemps, mon amour pour Bendis ne s’est pas tari. J’ai dévoré Avengers Disassembled,  je garde un souvenir ému des premiers épisodes  des New Avengers (le Raft, l’aventure en Terre Sauvage avec ces incroyables répliques de Spider-Man) et je me suis laissé emporté par House of M, alors que je ne suis pas vraiment fan des univers parallèles. Disons que sans être de la hauteur de l’univers Ultimates, ça valait mieux que celui d’Onslaugh. Surtout, ce qui était intéressant, c’est que pour une fois les événements de ce cross-over allaient avoir un impact sur l’univers Marvel et cela sur le long terme. Sans que cela soit un bouleversement total (sauf pour les séries mutantes, certes), il y avait comme un côté “plus rien ne sera comme avant” qui sentait bon, pour une fois, le vrai.


 

Ensuite, c’est vrai, ça s’est un peu gâté. Il y a eu Civil War dont on dit ici ou là qu’il serait le véritable initiateur (je crois avoir lu ça de la part de Millar), puis les Mighty Avengers et ces fameuses bulles de pensées que je croyais ne plus jamais voir dans un comics (je déteste ça). Dès lors, les histoires sont devenues des esquisses, les bons mots sont devenus trop systématiques et mon BMB s’est même mis à faire des numéros proprement illisibles (New Avengers 37, je n’ai absolument rien compris à ce qui se passait) ou juste parfaitement inintéressants (Les Mighty Avengers contre Ultron, Fatalis, Venom...).

 

A la veille de la sortie en France de Secret Invasion, j’avoue que j’attends mon scénariste préféré au tournant. L’idée au centre de ce cross-over me plaît, même si depuis Lost je suis toujours un peu méfiant avec le “on avait prévu ça depuis des années”. Quant à Dark Reign, il est sans doute encore un peu tôt. A trop vouloir en faire (des séries, des personnages, des bons mots, des interviews...) j’ai malgré tout un peu l’impression que Brian Bendis s’est un peu épuisé. Pas au point d’être “cuit”, comme dirait Alexandre, mais sans doute qu’il devrait se concentrer sur un peu moins de séries ou sur quelques personnages un peu moins exposés... ou mieux, complètement oubliés, ou encore qu’il nous refasse le coup de Daredevil, enfin bref, qui me donne autant de plaisir qu’avant. C’est beaucoup demander, et en même temps assez peu.

 

Enfin moi, c’que j’en dis...       

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E
Sachant que c'est lui qui m'a redonné envie de lire des comics, je reste son fan quoi qu'il arrive! Pis tous le monde à droit à une baisse de régime.
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M
Personnellement, je trouve Bendis toujours très bon. Soit, son run de Daredevil constituait un de ses sommets. Fortune & Glory est une merveille d'intelligence, mais commence à dater. Alors que fait il maintenant ?<br /> <br /> Powers tome 12 : Ce n'est pas parce que la publication française de Powers s'est arrêttée que la série n'existe plus. La série vient de terminer son meilleur arc. Powers n'a jamais été aussi bon que maintenant.<br /> <br /> Secret invasion : Vous êtes un peu sévère je trouve. Votre problème je pense, est que vouv vous êtes tous faits des scénarios dans votre tête sur ce qui allait se passer. Forcément, cela ne ça c'est pas passé comme vous l'entendiez et vous avez été déçu. Perso, j'ai été surpris que tous le crossover se déroule dans l'espace d'une seule journée. Mais au moins, le mec innove. C'est impossible de prendre son temps quand une histoire implique l'ensemble de l'univers Marvel. Forcémenbt ça va vite. Et non, la fin n'est pas baclée et oui, cela change des choses. Le cliff de SI est franchement intéressant quand même. Ca promet pour la suite, non ? Je vous rappelle que Bendis a rendu crédible une invasion de petites bêtes aux longues oreilles qui rappellent une série Z des années 5O. Faut le faire quand même. Pendant des mois tous le monde s'est mis à spéculer sur qui était le skrull, qui ne l'était pas. Cette histoire a su vous tenir en haleine tout de même, non ?<br /> <br /> New Avengers :<br /> Non seulement c'est bien, mais en plus le mec innove, il n'a pas peur de décevoir ses fans en prenant caressant le lecteur à contresens du poil. On snet qu'il essaye, qu'il expérimente. Mais en tout cas, il nous sort des épisodes originaux. On a même droit à des mini épisodes d'Alias de temps à autres. Vous n'allez pas vous plaindre du retour de Jessica Jones non plus ?<br /> <br /> Mighty Avengers : Ok, ok, ça c'est pas terrible. Ca ressemble à du DC ou à du Marvel d'avant Bendis. Mais notez que quand la série sert de Tie in à Secret Invasion, les épisodes sont redevenus intelligents...<br /> <br /> Perso, malgré toutes les séries qu'il fait en même temps, ces dernières ne se ressemblent pas. Il continue d'avoir de bonnes idées et a toujours de nouvelle façons de raconter une histoire. On sent que la personne réfléchit à ce qu'elle va écrire avant de le faire. Ce n'est pas que du dialogue. Sauf peut être les premiers Mighty Avengers qui sont, eux, très moyens.
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F
N'oublions pas Bagley qui est aussi pour beaucoup dans le succès d'USM.
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T
Les critiques émises sur Bendis dans les commentaires concernent son travail actuel. Ultimate SM est bon maintenant (il a été moins bon). Il est encore tout à fait capable.
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A
J'ai lu les tous premiers USM et je n'ai pas accroché (comme à aucune série Ultimates en dehors de celle signée Millar et Hitch). Je promets pour 2009 d'essayer de lire (au moins) les #7 - 12.
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