"Ce que j'en dis" par Cedric Perrin

Publié le par Cedric Perrin

Octobre 2008. Répondant à l’appel citoyen de Comics Place, je me suis procuré les 3 premier volume, édition “couverture dure” comme on dit, de “Invincible”, la série de Robert Kirkman, Ryan Ottley et Bill Crabtree. Trois beaux albums, pas trop chers, qui donnent un bon aperçu de ce qu’est la série super-héroiesque de Kirkman et qui peuvent potentiellement donner des droits d’auteurs à mon ami Edmond Tourriol, traducteur officiel des volumes.



 

Novembre 2008. Probablement un peu impressionné par la présence de Charlie Adlard à quelques mètres de moi, lors du festiv... pardon, la petite convention de Lille, je me décide à acheter le premier volume de Walking Dead. Merde, c'est vrai, depuis le temps qu’on en parle, ici ou ailleurs, il est temps que je me fasse une idée. Et puis, perdu pour perdu (j’ai déboursé 70 euros pour La Mort de Superman interdit de rire), je me dis que je mourrais moins con. Peut être.

 

Ca s’appelle de la persévérance. Parce qu’en réalité, au moment où j’ai pressé le code à 4 chiffres de ma carte bleue sur le pavé des revendeurs du Furet (les connaisseurs apprécieront), je n’avais pas un avis vraiment ultra positif à propos de Kirkman. parce que oui, à un moment, il faut bien le dire, je n’ai pas sauté au plafond en lisant Invincible. On me louait le talent incroyable du scénariste, la qualité folle de cette série et malgré toute la bonne volonté du monde, je suis resté un peu de marbre. je veux dire, je ne suis pas contre l’idée de départ, hein (d’ailleurs on me demande pas mon avis). Celle du jeune héros qui se découvre super. C’est pas nouveau mais comme on dit, ça marche toujours. mais il y a pourtant un je ne sais quoi de trop mou, de trop classique, de trop sage et surtout de trop bavard dans cette histoire. C’est d’ailleurs à mon avis là où le bas blesse avec Robert Kirkman. Il dialogue trop. Et mal. Voilà, c’est dit.

 

J’adore Bendis. Et je sais très bien que beaucoup le détestent à cause de ses dialogues, justement. C’est vrai que le bonhomme a souvent tendance à se faire plaisir. Mais quoi qu’on en pense, il n’a pas son pareil pur mettre de la vie dans une scène où il ne se passe pas grand chose. Chez Kirkman, en revanche, c’est tout le contraire. On dit, on explique, on redit, le tout avec autant de maladresse qu’un scénariste de télé français. Non non non, ne levez pas les yeux au ciel, n’enlevez pas ce blog de vos favoris en râlant dans votre moustache naissante. Je ne dis pas ça sans preuve.

 

Prenez vos manuels (Walking Dead volume 1 chez Delcourt) et allez à la page 16. Rick, qui ne comprend pas encore très bien ce qui lui arrive, se prend une coup de pelle dans la tête. Comme action, il n’y pas plus limpide, surtout que la case est assez grosse pour que rien ne nous échappe. Bon. Page 17, 3ème case, je cite : “Ah. Désolé pour mon fils. Il vous a frappé sur tête avec une pelle”. Cool. Moi, juste, quand je lis ça, hé bien j’ai le bouquin qui me tombe des mains. Déjà, pour les fictions télés (ou au cinéma), j’ai du mal quand on prend le spectateur pour un con, mais quand il s’agit du lecteur, même pas réveillé, à qui il ne coûtera que quelques secondes pour aller revoir la scène, ça (me) fait vraiment trop mal. C’est maladroit, c’est lourd et malheureusement... c’est fréquent. Walking Dead est une bonne histoire. Là encore, rien de neuf sous le soleil, mais j’ai quand même envie de voir où tout cela va nous mener. Dommage alors que le récit soit régulièrement plombé par des tirades lourdingues qui n’apportent absolument rien au récit. Dans le même recueil, entre les pages 97 et 105, il n’y a pratiquement que du bavardage comme je n’en avais pas lu depuis très longtemps. Encore une fois c’est très explicatif, il n’y a pas de personnalisation pertinentes des personnages (tous avaient une vie, un famille et ont du fuir), il n’y a pas d’échange, de conflit (sauf entre Rick et Shane, certes), tout est tellement démonstratif qu’on en vient à se demander si Kirkman n’apprend pas les bases du scénario en même temps qu’il tape ses scripts pour Image.

 

Comme je suis quelqu’un qui ne laisse pas tomber aussi facilement, je vais acheter le tome 2 de WD. En espérant que Kirkman ait soudain fait des projets dramaturgiques. Bon, très honnêtement, j’ai comme un doute. Il y a des auteurs qui ont ce petit quelque chose (le talent) et ceux qui ne sont que des faiseurs. Sans pour autant avoir envie de lui jeter des tomates (j’aime trop ça), je classe sans hésiter le petit chouchou du moment dans cette seconde catégorie.

 

Mais moi, c’que j’en dis...

Cedric Perrin     
  

Publicité

Publié dans Contributions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
n'importe quoi cette critique de walking dead<br /> <br /> pas de conflit entre les persos??<br /> pas de personalisation des persos?????<br /> de mauvais dialogues????????????<br /> <br /> mdr a ce niveau la on sait pas si c'est de la mauvaise foi ou de l'incompétence
Répondre
A
J'avoue, j'avais prédit une victoire de l'Argentine en coupe du monde 2006... et hier on m'a rendu 10 ct de monnaie en trop sur un croissant et je ne l'ai pas signalé à la vendeuse. Je crois qu'a l'exception de Birdie, tous les rédacteurs de ce blog sont des monstres.
Répondre
T
Ecoute, un miracle a eu lieu.<br /> Deux puisque Segolene est dans le train pour La Rochelle.
Répondre
B
Tiens au fait Thomas Rivière, qui est le grand voyant qui a écrit en mars que Barack Obama était candidat à la défaite, donc qu'il allait perdre ?
Répondre
T
Marv, il y a une frontière entre la moderation et la censure, ton commentaire était déplacé, on l'a déplacé (dans la corbeille).
Répondre