Kick-Ass 1-3 Par Lucien

Kickass est l’histoire d’un jeune américain moyen un peu nerd qui rêve de devenir superhéros pour se venger de sa non-existence au sein d’une société qu’il répudie à peine, les bras ballants. Du jeune invisible même pas molesté (et à la tête de grand Duduche) au géant costumé.
Ce comic semble se ranger dans une catégorie pour jeune teenager ou le fantastique n’arrive pas encore à se décoller de la pelure du réel. Là où la mue n’a pas encore fait effet.
Les relations entre le personnage principal et les personnages de sexe opposé sont assez stéréotypées dans leur style: une voisine de classe cuty et castratrice, une prof-pute, et sa génitrice décédée avec son père qui désormais la pleure. Tous pour que ce petit névrosé en devenir puisse se régaler et affirmer un pouvoir sur les autres (même pas super ses pouvoirs).
Heureusement que la vie de ce glandu somme toute assez banale dans le genre est sauvée par les touches d’un dessinateur acéré. Des traits francs et cassés pour une impression de mouvements brusques, une touche cubiste pour développer l’imagination interprétative du lecteur. Le tout encensé par des couleurs passées et calme qui collent parfaitement à la peau du jeune personnage. En contraste avec les scènes de superhéroïsation légèrement plus vive, souvent en surexposition lumineuse. Elles présentent également de grands dessins a contrario des multiples cases, lorsque le héros porte encore ses lunettes.
La mise en volume des décors et les prises de vue pour le lecteur restent somme toute très classiques. Les points de chute des perspectives sont eux sont grossiers. C’est cadré forcément, un poil théorique.
Les interactions du narrateur, avec prise à partie de son lectorat, restent une pauvre ruse pour que le public s’identifie au personnage. C’est un peu comme rire à gorge déployée de ses propres blagues, un filet nécessaire uniquement quand on porte un collant en se dandinant et que l’on a le vertige. Parce qu’il faut quand même avouer que certains superhéros présentent une image très gay : musclé, latexé, haut en couleur et d’une certaine sensibilité… Mais là ça fouette la tendance maso-sado à plein nez ! Je parie même qu’il s’enfile sa petite matraque avant le 4e épisode.
Il en prend déjà plein la gueule dans ce premier opus ou les schémas de violence sont : soit attendus par le héros et il est fier de souffrir (il tirera même son nom de costume de sa première branlée), soit il trouve ça normal et il kiffe en fait. Mais cette violence physique encore une fois très épisodique reste bien dépeinte avec passion…mais moindre bravoure.
En cuisine, ces pages s’accompagneraient à l’identique d’une soupe de pieds de poule. Marron-vase et bien liquide, elle serait servie dans un bol émaillé blanc classique, le tout dans un cadre morne sentant le renfermé. Quelques triplettes de doigts blanchâtres flotteraient allègrement à sa surface dans un liquide issu d’un bouillon dilué. D’un goût un peu livide en première bouche, elle cacherait de petits piments qui vous laisseraient d’agréables brûlures post digestives…
Lucien OZICHAIT
« Une opinion n’a de poids que l’intérêt qu’on lui porte »