Ex Machina par Gary
Nouvelle plume chez Comics Place, c'est Gary qui nous fait le plaisir de sa prose, et qui nous parle des comics qu'il aime (nous aussi ca tombe bien), sa première chronique est sur Ex Machina, l'excellent comics de Vaughan et Harris. Bienvenue Gary.
Depuis le temps que j’entendais parler de ce fameux Brian K Vaughan, il était temps que je me penche sérieusement sur l’auteur en question. Alors oui j’avais déjà lu ses Ultimate X-Men, qui en soi sont pas mal, mais bon sérieusement, c’était ça le nouvel auteur dont tout le monde parle ?
Non il ne pouvait pas être à son maximum là, autrement il n’aurait pas mérité tout ce bruit avec son Y the last man et son Ex Machina. Et puis franchement, pour faire partie des scénaristes de Lost, il faut quand même être à un autre niveau !
Allez penchons nous sur son titre Ex Machina, parce que croyez moi ça vaut le détour !
Dans Ex Machina nous suivons les aventures de Mitchell Hundred, un ingénieur, qui suite à un accident dont l’origine reste mystérieuse a acquis la faculté de parler aux machines. Cela fait de lui le seul super humain sur terre. Il décide donc de devenir « l’illustre machine ». Il se construit alors un costume guignolesque et va sauver la veuve et l’orphelin. Bon à sa décharge ce sont ses rêves qui lui ont dit comment fabriquer ce costume…
Vaughan a choisi d’imaginer un monde sans super héros qui du jour au lendemain se retrouve avec un type volant à l’aide d’une roquette dans le dos (ça rappellera des souvenirs aux fans de rocketeer) et qui parle aux machines, il aborde ainsi de nombreux thèmes ancrés dans notre quotidien. Comment vont réagir les autorités locales ? Que serait-il arrivé au World Trade Center si un super héros avait été là ?
Bon vous me direz jusqu’ici ça a l’air sympa mais sans plus, alors le génie de Vaughan a été d’imaginer que ce super héros raccroche le costume dans la penderie pour jouer de sa notoriété et entamer une carrière politique, et allez, pourquoi pas devenir maire de New York ! Et tout l’intérêt de ce comics réside ici, comment un ex-super héros, qui est surtout super ordinaire dans le sens où il vient de la rue comme n’importe qui et où il n’a jamais été formé aux arts fourbes de la politique, va s’en sortir à la mairie de New York ? On apprendra d’ailleurs en introduction du deuxième tome que les frères Wachowski ne sont pas, mais alors pas contents, parce qu’ils avaient toujours rêvés de faire un comics politique. Dommage les gars ! Vaughan l’a fait avant vous, et il se débrouille tellement bien que passer après lui ne sera pas chose facile.
En effet Vaughan mélange habilement intrigues liées au passé de super héros de notre délicieux Mitchell, querelles politiques, enquêtes, polémiques, j’en passe et des meilleures…
Il accompagne également notre cher maire de New York par toute une équipe rocambolesque faite de personnages plus intéressants les uns que les autres. Bref pas de quoi s’ennuyer entre les différents collaborateurs qui veillent sur lui.
Ce comics nous est présenté sur plusieurs époques, au fur et à mesure que l’on avance dans la carrière politique de ce bon Hundred Mitchell, on éclaircit également son passé, et on en apprend de plus en plus sur les origines de son pouvoir.
Ajoutez à ça le dessin ultra réaliste de Tony Harris, qui est fait pour dessiner un comics ancré dans la réalité comme celui-ci et vous aurez un morceau de choix ! Un comics à ne pas rater, un comics intelligent qui change des bagarres rangées entre super héros et super vilains.
L’intrigue est bonne, extrêmement bien amenée, les personnages tous aussi intéressants les uns que les autres, les dessins collent au style du récit, bref on en redemande !