TOP 10

Publié le par Cedric Perrin

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Autant le dire tout de suite, c’est probablement avec TOP 10 qu’Alan Moore est devenu l’un de mes scénaristes de comics préférés. J’avais beaucoup aimé la LGE, V et sa rapide incursion sur Spawn mais j’étais passé à côté d’un bon nombre des productions ABC et de son long run chez Awesome (manque que je viens de combler en achetant le recueil Supreme que je chroniquerai ici un peu plus tard). Ainsi, lorsque j’avais appris que Moore laissait tomber ABC et par delà même TOP 10, les bras m’en étaient tombés (et ce n’est pas simple pour un mec dont le travail est d’écrire). Et vu comment j’avais été particulièrement déçu par la mini série “The Forty-Niners”, j’attendais cette ultime prolongation des aventures des flics de Néopolis avec beaucoup d’appréhension.
 
Je ne connais pas le travail de romancier de Paul Di Filippo mais j’ai lu en quatrième de couv que c’était un spécialiste de la science fiction. A la lecture de “Beyond”, ça se confirme. Car si on retrouve dans ces épisodes le côté “cop show tv” cher à Moore (enquête policières sur fond de vies perso à la fois drôles et misérables), la story arc s’articule autour d’une apparition spectrale qui terrifie les habitants de Néopolis (avant de les contaminer) et sur laquelle nos héros vont investiguer. A l’image du travail de Moore sur la série, l’auteur de Rhodes Island utilise une image fantastique pour nous parler d’un phénomène actuel (dans la série, le “bad guy” est en fait une maladie qui se transmet d’individus en individus notamment par l'intermédiaire d’une drogue...). Le problème, c’est que, parfois sur-découpé, le récit a du mal à être clair dans la durée et il est parfois difficile de comprendre comment l’ensembles des pistes convergent naturellement vers un même point. J’avoue même avoir du reprendre la fin plusieurs fois pour recoller les morceaux. Alors certes, je ne suis pas toujours une flèche, mais j’avoue que je trouve l’exercice moins bien maîtrisé que par le barbu anglais.
 
Côté graphisme, pas de quoi se relever la nuit. Les dessins très old school de Jerry Ordway peinent à rendre hommage à la qualité du script. Pour le coup, on est loin de Gene Ha et de son style lumineux et complexe. Là j’ai vraiment trop l’impression de lire un comics vieux de 20 ans et ça ne joue pas en faveur du plaisir de lecture. reste qu’Ordway ne se prive pas d’utiliser LE gimmick de la série, à savoir de glisser ici où là (et même partout) des personnages bien connus de comics (ou tout simplement de BD). J’y ai vu entre autre, la tête d’une Sentinelle, le masque de Spidey, le caque de Fatalis, le serre tête de Wonder Woman, tous les Iron Man de l’histoire, D2R2 et C3PO, Deathlock, Deadpool, Elektra, Elektro, Dr Mid-Nite, Tintin, Loki, The Goon, Phantom, The Spirit, Angel, Machine Man, Thor, Asterix & Obelix, Hercule, L”Homme Sable, le Capitaine Hadock, Pietro et Wanda, Le Captain America et j’en passe... des heures d’amusement pour vous et vos enfants !    
 
Difficile aujourd’hui de savoir ce qu’il adviendra des héros de Top10 et de l’univers créé par Alan Moore (je me souviens avoir lu pas mal de choses contradictoires à ce sujet). Reste que cette série, même sous la plume d’autres auteurs, propose une fusion toujours intéressante entre polar et monde des super héros (ou celui des contes de fée dans la série “Smax”). Alors, pourquoi se priver...?
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