L'effet Moore
L'histoire d'amour entre Top Shelf et Alan Moore continue. Fachés depuis des années avec DC, Moore s'est retrouvé contractuellement obligé de rebosser pour eux quand Wildstorm a été vendu à DC (en 1998). Alan Moore venait de créer chez Wildstorm le label ABC et sortait ses séries : Promethéa, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, Tom Strong, etc etc...
A l'époque, deux contrats sont proposés aux artistes. Soit ils laissent les droits à DC et ils sont payés à la page (comme pour Superman) sans Royalties, soit ils gardent les droits de leurs séries mais ne touchent que des royalties, une fois la série amortie, comme chez Image et Icon. Seul Kevin O'Neil accepte de travailler gratuitement et prend le risque de tout perdre, les autres dessinateurs (J.H Williams III, Chris Sprouse...) jouent la sécurité et demandent un salaire à la page.
Aujourd'hui, Tom Strong et Promethéa appartiennent à DC, tout comme les Watchmen, le comics le plus lu de l'histoire, qui va certainement devenir un film bien rentable d'ici un mois.
Alan Moore, furieux de la façon dont DC traite les créateurs, part chez Top Shelf, non sans écrire le Black Dossier qu'il devait à DC par contrat. Mais Moore et O'Neil, bien leur en a pris, ont emporté avec eux la Ligue des Gentlemen, et un certain projet appelé Lost Girls.
La suite on la connait, Lost Girls devient un succès planetaire (plus de 100,000 exemplaires vendus aux USA), et le plus gros succès de Top Shelf à ce jour.
Aujourd'hui, Alan Moore et Kevin O'Neil sont de retour avec le 3ème volume de La Ligue des Gentlemen extraordinaires, toujours chez Top Shelf, qui paraitra sous forme de 3 numéros de 80 pages. Le 1er tome sort en avril et s'appelera Century : 1910. Pour l'occasion, Top Shelf a annoncé hier qu'ils imprimeront 75,000 exemplaires, ce qui est énorme pour une petit structure comme eux. Top Shelf espère profiter du succès de Watchmen qui sortira un mois plus tôt : les fans vont être assoiffés d'Alan Moore, et la seule nouveauté sera chez eux.
Moore ne touchera pas un rond sur Watchmen, mais tient sa revanche sur DC. Son nom fait vendre, ses écrits restent, et aujourd'hui l'histoire s'écrit ailleurs que chez Warner/DC.