Big Numbers : le chef d'oeuvre esquissé

Publié le par Alexandre Bouscary

Big Numbers, c'est l'histoire d'une des rencontres les plus prometteuse de l'histoire des comics, à l'aube des années 90, entre Alan Moore (qui venait d'éblouir les années 80 de plusieurs chef d'oeuvre) et Bill Sienkiewicz au meilleur de sa forme. Une rencontre qui n'aboutira que sur deux numéros au lieu de 12 prévus. Parait-il que Bill ne tenait pas les délais, cachetonnant ailleurs, mais avec l'ami Alan il est toujours difficile de savoir de quoi il retourne, et probablement ne le saurons nous jamais totalement. En tout cas quelle merveille que ces deux numéros de 40 pages, noir et blanc, publiés chez Mad Love dans un format carré assez grand. La narration d'Alan Moore est épurée, limpide, catchant entre les différentes séquences mettant en scène les protagonistes dont les rapports se tissent au fil des pages. Moore aime faire compliqué, mais comme Grant Morrison, il fait merveille en racontant des histoires plus "simples". Les personnages sont humains, crédibles, émouvants, ça se boit comme du petit lait.


Si le scénario est brillant, que dire de la partie graphique. C'est tout simplement un des meilleurs travaux de Sienkiewicz, sans doute avec son Elektra, mais dans un  tout autre registre. Les émotions des personnages sur les visages tantôt esquissés tantôt dessinés avec précision, les effects d'encrage, les transparence, les mouvements, c'est bien simple j'aimerai pouvoir reproduire toutes les planches sur le blog tellement c'est somptueux. Incrustations sur papier, photo, mélange de techniques cher à l'auteur, au sommet de son art, alternant intelligemment crayonnés, scènes plus énergiques et gros plans détaillés. Il n'y a pas d'autre mot que chef d'oeuvre pour décrire un travail aussi parfait.

Vous l'aurez compris, Big Numbers restera l'oeuvre inachevée de la décennie 90, une esquisse éblouissante d'un récit d'envergure qui serait resté comme une oeuvre majeure. Il reste des prémices géniaux, que je ne saurais que trop vous conseiller d'essayer de vous procurer.
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Publié dans Lectures

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S
Sur un ton discordant, je dois dire que Mr Sienkiewicz ("an acquired taste", s'il en fut) reste à me séduire. Sur la foi de ce que je viens de lire, je promets de tenter de feuilleter l'ouvrage en librairie.
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N
Pour la partie graphique, c'est comme le souligne l'article, un des meilleurs travaux de siencky mais je recommande vivement à ceux qui l'apprécient de se procurer le moby dick qu'il a illustré ds la collection illustrated classics et qui est une merveille, pour ne pas dire son meilleur travail. Hélas,d'un pt de vue scenaristique, l'adaptation de Chichester est indigente et ne rend pas hommage au chef d'oeuvre de Melvile mais quel plasir pour les yeux....
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A
j'ai 28 ans, mais j'en suis ! ;-)<br /> Encore que la rumeur veut qu'Alan en soit resté à une ébauche de script pour le #3. Tout cela reste bien flou et triste.
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K
Quel article cruel. En voyant le titre et les planches, j'ai cru à une résurrection miraculeuse de ce qui aurait pu être un des grand chef d'oeuvre d'Alan Moore.<br /> A l'époque d'ailleur un jeune dessinateur prodige était pressentit pour remplacer Sienkiewicz, mais ça n'a pas eu lieu et d'ailleurs qui se souvient encore d'Al Columbia qui a disparu aussi vite qu'il est apparu ...<br /> Bon, peut-être que si on se réunit entre amateurs de comics ayant entre 30 et 40 ans et que l'on crie très très fort "BIG NUMBERS" peut-être qu'Alan Moore finira par ressortir son scénario.
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