Dur à croire
Dans une interview accordée à Comic Book Ressources, Rob Liefeld revient sur la sortie en septembre de l'évenement comics de l'année : la sortie de Youngblood Bloodsport #2 chez Image, 4 ans après la sortie du #1. Au delà du fait qu'il fait des gorges chaudes d'un titre dont la seule qualité est d'avoir été imprimé sur du papier glaçé, Liefeld nous parle du succès de l'époque de ce titre, assez curieux. Sans remettre en cause ses propos, nous restons dubitatifs par rapport aux chiffres dont il parle et en voici les raisons :
Liefeld affirme que Youngblood Bloodsport s'est vendu à 70,000 exemplaires en 2004, une époque où l'industrie allait mieux, mais où 70K restait un chiffre incroyable que peu de titres atteignaient. C'est à la même époque qu'est sorti Wanted, le seul comics indépendant qui a fait un succès averé. C'est d'autant plus étrange que Liefled nous dit que 60,000 exemplaires se sont écoulés en direct, sans passer par Diamond, pendant les quelques conventions de l'été. 60,000 ventes directes, c'est énorme. Si ce chiffre est vrai, les revenus ont du être pharaoniques, et le script étant prêt, Liefeld aurait tout de suite battre le fer et dessiner le #2 afin de s'assurer un revenu considérable, une véritable poule aux oeufs d'or. Les 10,000 exemplaires restant, c'est la sortie via Diamond quelques mois plus tard, celle que je possède par exemple.
70,000 exemplaire, un chiffre trop rond et trop énorme pour que le doute ne s'installe pas, rappelons que la nouvelle série Youngblood de Joe Casey plafonne à 8,000 exemplaires, et que les dernière réalisations de Liefeld chez Marvel (X-Force, Onslaught Reborn) ont atteint ces chiffres là, avec une machine marketing incroyable que Youngblood n'avait pas.
Ce qui est d'autant plus curieux, c'est le fait que Mark Millar, qui place dans chacune de ses interviews les chiffres de vente de ses séries, et qui rappelle à qui veut l'entendre qu'il gagne plus en vendant 80,000 exemplaires de Kick-Ass que 400,000 de Civil War, n'ait jamais évoqué ces 70,000 exemplaires de Bloodsport #1. S'il avait vendu autant, croyez moi, nous l'aurions entendu claironner sa modestie légendaire. Pas un mot là dessus, d'où quelques questions légitimes.
Nous ne connaitrons jamais les chiffres, s'ils sont vrais, bravo à Rob et ses copains, la question reste la même : pourquoi les éditeurs ne font pas le même coup, et pourquoi s'embêtent-ils à passer par Diamond si les marges et les ventes sont meilleures en direct...