Messiah Complex
Celà fait maintenant 20 ans que je lis les X-Men, connu toutes les époques, lu beaucoup de choses, et subit un grand nombre d'entres elles. J'ai survecu à Fabian Nicieza, supporté les retours de Claremont, fait l'impasse sur Chuck Austen. J'ai adoré y lire Joe Kelly, Steve T. Seagle et Grant Morrison (au début), je suis tombé dans le panneau Whedon, j'ai soutenu Brubaker et Carrey depuis leurs débuts, et j'en passe. 20 ans de bas plus que de hauts, et toujours ce sentiment que la sauce était ratée. Et puis vînt Messiah Complex.
Messiah Complex est un crossover X-Men à l'ancienne sur les modèles d'X-Cutioner Song, Phalanx Covenant ou X-Tinction Agenda où les séries s'entrecroisent et se rencontrent, mais ou chaque équipe en place (dessinateur/scénariste) reste à sa place, en opposition à House of M et Civil War qui sont traités à part.
Messiah Complex raconte l'histoire de la naissance du premier mutant né après le M-Day (post House of M), et de la course qui oppose les X-Men et les Maraudeurs pour le récuperer. Trahison, retournement de situation, tout est fait pour brouiller les pistes, et le récit n'en est que plus passionant. Parce que le + de ce crossover, c'est avant tout son écriture. Tout comme les séries TV ont su évoluer, les X-Men ont fait un grand pas avec Messiah Complex. Fini l'histoire linéaire qui suit un groupe de héros, les enseignements pris avec Heroes, Lost ou encore Grey's Anatomy payent : l'action est multiple, les histoires s'enchainent et s'empilent, il n'y a plus de seconds rôles mais des dizaines de premiers rôles : une écriture complexe et dynamique pour un maximum de sensations. Vous l'aurez compris, Messiah Complex est une réussite éditoriale et scénaristique, je suis officiellement réconcilié avec les X-Men.
Coté dessin, c'est pas la même. Si Humberto Ramos et Chris Bachalo n'ont jamais été aussi bons sur les X-Men (un chant du cygne réussi), je dois dire que le reste est décevant. Scot Eaton dessine un premier épisode correct mais ne peut maintenir la qualité tout au long de son "run", et Billy Tan, démissionaire, ne fait même plus l'effort. Chaque crossover a sa brebie galeuse, c'était Jon Bogdanove sur X-Tinction Agenda, on a trouvé le notre. Enfin, dans l'épisode introductif, Mark Silvestri séduit : il est bien meilleur que sur les derniers travaux qu'on lui avait confié, il maitrise.
Messiah Complex est donc un nouveau départ pour les X-Men, qu'on espère aussi inspirés sur Uncanny dans les mois à venir (dès le #500), la série peut enfin revendiquer (et profiter de) sa multitude de personnages afin de mieux les exploiter, on attend la suite avec impatience.