Le prodige trop peu reconnu en France : Jim Steranko !
C’est en discutant avec Alexandre Bouscary que je me suis rendu compte de quelque chose de fort révélateur, ce qui nous paraît pour nous acquis (les vieux de la vieille) ne l’est pas forcément pour la génération de lecteurs qui suit.
Donc je me dois de revenir en toute hâte, alors que je n’avais rien prévu dans l’immédiat sur ce diable d’auteur/dessinateur d’élite sur une légende du comics book dont vous avez peut-être vu sans le savoir son style au cinéma, dans Sin City : Jim Steranko !
Le prodige du dessin est né en 1938 et il est initié très tôt au monde du cirque, du sport et de la rue. Il eut donc une activité de saltimbanque et même de cambrioleur !
Mais il se mit à pratiquer le dessin et si son modèle de référence demeure Jack Kirby, il sut rapidement trouver sa propre voie en s’émancipant et en se forgeant son style somme toute unique et reconnaissable entre tous, une adaptation habile de l’art psychédélique qui flottait alors dans le vent et dans les esprits de l’époque.
Jim travailla donc pour la Marvel et le moins que l’on puisse dire, c’est que Stan Lee et les autre misaient beaucoup sur le jeune prodige au point même qu’il fut envisagé comme successeur potentiel de Jack Kirby lui-même qui en 1968 se méfiait pas mal du management peu reconnaissant à son égard.
Mais Jim apposa son style de légende sur quelques comics qui connurent grâce à lui des sommets narratifs et avant-garde : Nick Fury et Captain America.

Le premier demeure un sommet de son art qui inclut surtout des expérimentations graphiques encore très abouties et non surannées. Il réussit même à composer une page qui peut se lire de gauche à droite et…de droite à gauche !
Il s’agit d’un artiste véritable dans le sens où il crée, tente de repousser au maximum les limites du support Bd pour expérimenter, réaliser, s’affranchir des anciennes normes et en fixer de nouvelles.
Pour Captain America, il a participé à ce fameux arc où Captain est censé être tué et Bucky (Rick Jones) le pleure sur sa tombe .Il s’agissait bien sûr d’un piége fomenté contre Hydra pour obliger celle-ci à se dévoiler.
Qui peut donc dire, en sachant cela, que Ed Brubaker a inventé ou innové avec son histoire de la mort de Cap’ ? Certes, il a un sens aigu du récit qui lui fait honneur mais bon quand même, souhaitons qu’il se détache de ce récit en innovant par la suite.

Il y a quand même un petit bémol. A force de parfaire, il est en retard et le management de Marvel a du mal à gérer le talent prometteur même si elle est consciente du potentiel. Il y aura donc des couacs qui vont couper Steranko de la Marvel, qui doit de plus être du côté de Jack Kirby dans son affaire de droit et de reconnaissance bafoués. Bref, il symbolise une génération d’auteurs à qui on ne la fait pas et il n’a pas envie de trimer à des cadences infernales pour en prime être spolié de ses créations.
Jim fonde donc dès 1969 sa propre maison d’édition, Supergraphics où il continue à développer son art dans des œuvres soit expérimentales, soit relatives au comics américain. Notons que Jack Kirby (son mentor ?) s’est inspiré de lui et de son côté Houdini pour créer Mister Miracle pour un bel hommage.
Jim a participé au cinéma entre autres choses et fut même le attaché à la création visuelle du premier Indiana Jones et du Dracula de Francis Ford Coppola.
Il a pesté sur les comics récemment à propos du sexe dans « the Pro » de Garth Ennis qui est assez explicite sur le sujet mais demeure une franche bouffonnade.
Mais là où vous connaissez sans le savoir le style de Steranko, c'est à travers le fait que Frank Miller se soit référé ouvertement à ses travaux pour son style définitif dans Sin City ! Comme l’influence est ouvertement revendiquée, je ne parlerais pas péjorativement de plagiat mais davantage d’influences (tout consiste donc dans la démarche mais la nuance est fragile). Regardez son art et comparez avec les dessins de Miller, la filiation demeure incontestable.

Je vous renvoie avec plaisir sur le site d’un auteur talentueux de romans et de Bd, Laurent Queyssi, qui narre avec passion et précision ce fabuleux artiste sans que je ne puisse faire mieux.
Notons enfin que certains des plus brillants artistes actuels rendent de temps en temps hommage à ce maître de la Bd contemporaine tel Gene Ha dans le Desolation Johns de Warren Ellis.
Ce qui est paradoxal dans le cas de Steranko est que son passage par Marvel l’a fait connaître à nous autres amateurs de comics mais l’a peut-être coupé du monde de l’art car son statut reste ainsi entre deux mondes où il aurait pu sans problème exceller. Il s’agit définitivement un des grands de sa génération fin 60’-70’ avec Neal Adams et Barry Winsdor Smith.
Donc je me dois de revenir en toute hâte, alors que je n’avais rien prévu dans l’immédiat sur ce diable d’auteur/dessinateur d’élite sur une légende du comics book dont vous avez peut-être vu sans le savoir son style au cinéma, dans Sin City : Jim Steranko !
Le prodige du dessin est né en 1938 et il est initié très tôt au monde du cirque, du sport et de la rue. Il eut donc une activité de saltimbanque et même de cambrioleur !
Mais il se mit à pratiquer le dessin et si son modèle de référence demeure Jack Kirby, il sut rapidement trouver sa propre voie en s’émancipant et en se forgeant son style somme toute unique et reconnaissable entre tous, une adaptation habile de l’art psychédélique qui flottait alors dans le vent et dans les esprits de l’époque.
Jim travailla donc pour la Marvel et le moins que l’on puisse dire, c’est que Stan Lee et les autre misaient beaucoup sur le jeune prodige au point même qu’il fut envisagé comme successeur potentiel de Jack Kirby lui-même qui en 1968 se méfiait pas mal du management peu reconnaissant à son égard.
Mais Jim apposa son style de légende sur quelques comics qui connurent grâce à lui des sommets narratifs et avant-garde : Nick Fury et Captain America.

Le premier demeure un sommet de son art qui inclut surtout des expérimentations graphiques encore très abouties et non surannées. Il réussit même à composer une page qui peut se lire de gauche à droite et…de droite à gauche !
Il s’agit d’un artiste véritable dans le sens où il crée, tente de repousser au maximum les limites du support Bd pour expérimenter, réaliser, s’affranchir des anciennes normes et en fixer de nouvelles.
Pour Captain America, il a participé à ce fameux arc où Captain est censé être tué et Bucky (Rick Jones) le pleure sur sa tombe .Il s’agissait bien sûr d’un piége fomenté contre Hydra pour obliger celle-ci à se dévoiler.
Qui peut donc dire, en sachant cela, que Ed Brubaker a inventé ou innové avec son histoire de la mort de Cap’ ? Certes, il a un sens aigu du récit qui lui fait honneur mais bon quand même, souhaitons qu’il se détache de ce récit en innovant par la suite.

Il y a quand même un petit bémol. A force de parfaire, il est en retard et le management de Marvel a du mal à gérer le talent prometteur même si elle est consciente du potentiel. Il y aura donc des couacs qui vont couper Steranko de la Marvel, qui doit de plus être du côté de Jack Kirby dans son affaire de droit et de reconnaissance bafoués. Bref, il symbolise une génération d’auteurs à qui on ne la fait pas et il n’a pas envie de trimer à des cadences infernales pour en prime être spolié de ses créations.
Jim fonde donc dès 1969 sa propre maison d’édition, Supergraphics où il continue à développer son art dans des œuvres soit expérimentales, soit relatives au comics américain. Notons que Jack Kirby (son mentor ?) s’est inspiré de lui et de son côté Houdini pour créer Mister Miracle pour un bel hommage.
Jim a participé au cinéma entre autres choses et fut même le attaché à la création visuelle du premier Indiana Jones et du Dracula de Francis Ford Coppola.
Il a pesté sur les comics récemment à propos du sexe dans « the Pro » de Garth Ennis qui est assez explicite sur le sujet mais demeure une franche bouffonnade.
Mais là où vous connaissez sans le savoir le style de Steranko, c'est à travers le fait que Frank Miller se soit référé ouvertement à ses travaux pour son style définitif dans Sin City ! Comme l’influence est ouvertement revendiquée, je ne parlerais pas péjorativement de plagiat mais davantage d’influences (tout consiste donc dans la démarche mais la nuance est fragile). Regardez son art et comparez avec les dessins de Miller, la filiation demeure incontestable.

Je vous renvoie avec plaisir sur le site d’un auteur talentueux de romans et de Bd, Laurent Queyssi, qui narre avec passion et précision ce fabuleux artiste sans que je ne puisse faire mieux.
Notons enfin que certains des plus brillants artistes actuels rendent de temps en temps hommage à ce maître de la Bd contemporaine tel Gene Ha dans le Desolation Johns de Warren Ellis.
Ce qui est paradoxal dans le cas de Steranko est que son passage par Marvel l’a fait connaître à nous autres amateurs de comics mais l’a peut-être coupé du monde de l’art car son statut reste ainsi entre deux mondes où il aurait pu sans problème exceller. Il s’agit définitivement un des grands de sa génération fin 60’-70’ avec Neal Adams et Barry Winsdor Smith.
Publicité