Suck My Geek par Bastien

Publié le par Bastien Ayala

Bastien nous offre aujourd'hui un autre regard sur le documentaire SUCK MY GEEK diffusé sur Canal + le mois dernier :


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Canal + nous a fait la bonne surprise de nous passer assez récemment un documentaire sur la culture "Geek" qui semble en effet rencontrer une certaine audience. Un bon collègue l'avait enregistré sur Canal + et on a passé un agréable moment à le regarder, mais il m' a aussi touché et me pousse à faire quelques commentaires.
 
J’ai du mal avec ce terme Geek, je l'entends personnellement comme un personne qui a développé un grand centre d'intérêt pour la culture (ou sous culture, ce qui signifie non officiellement reconnue par les grands prescripteurs: les médias et les critiques) et qui incorporent cette passion dans leur mode de vie.
 
Ma foi, il semble moi-même que j'en sois un ! Je préfère pourtant le terme de fan, j'aime lire des choses variées et diverses sur cette culture, mais aussi sur d'autres comme le cinéma bis (ouille, c'est très connexe) et la politique. Je considère qu'elle suscite des perspectives ou une appréhension à une certaine sensibilité mais surtout, elle est l'accumulation d'un immense capital affective de ces choses depuis mon jeune âge. Je considère également que je passerai à jour à autre chose mais je serais content d'avoir lu ou assimilé ces connaissances, et ça s'arrête là !
 
Je m'envisage surtout comme quelqu' un qui refuse la dictature d'une culture officielle ou suggéré insidieusement, qui me suggère quoi aimé pour être bien vu dans une certaine norme (j'ai du mal avec "l'esprit" du foot) ou la chose à la mode. C'est une conception. Mais en poussant plus loin ce raisonnement, je pense continuer de manière informelle une attitude fan qui recherche sa propre culture, qui lui convient, selon ses critères que j'aurais même choisi, affranchi de toutes tutelles. Cette culture se recherche patiemment, aux termes d'efforts, de rencontres et surtout de découvertes. Ainsi je me détache des grands courants que tous semblent apprécier: Star Wars, Lords of the rings...
J' aime aller voir si il y a autre chose et m'en faire ma propre opinion. C'est ainsi que je suis, par exemple, le seul ou presque à défendre Star Crash de Luigi Cozzi
avec David Hasseloff ! Bref, c'est ma définition de fan et je ne me suis guère retrouvé dans les témoins qui venaient se raconter, se défouler presque de la rare reconnaissance que leur offrait ce doc. 

Mais il y en a une qui m'a sincèrement touchée.
 
Il s'agit de la jeune femme qui racontait, en substance, qu'elle avait sa propre différence par rapport à la norme qui l'étouffait et qu'elle a trouvé dans ses goûts un échappatoire.
J'ai ressenti une réelle empathie pour cette personne qui a du défendre maintes et maintes fois sa singularité, sa souffrance même et je crois que je la garderai dans un recoin de ma mémoire...
 
Autrement, j'ai davantage eu l'impression de voir des nerds, des personnes proches de l'autarcie, qui ne communiquent et se référencient que par leur passion (j'écrit cela avec respect).
J'ai donc revu avec plaisir Rafik Djoumi que je lisais dans Mad Movies, en voilà une plume qui m'a sidérée plus d'une fois! D'abord dans des articles trop techniques pour ma personne, ensuite par des jugements péremptoires notamment sur le fait que John Carpenter à inventé un nouveau mode de narration sur le film Fog. Je médite encore...
 
S'il y avait un geek que je préférais, ce serait Jean-Pierre Dionnet. Avec son excellent cinéma de quartier, il m'a offert de superbe séances de rattrapage à des séances qui m'étaient impossible d'assister : Le cycle Sergio Sollima, Frédéric Dard avec Toi le venin, la victime désignée, Matango et surtout the Wicker man. Bref, il m'a offert des fenêtres vers plein d' oeuvres fort variées. J' ai appris qu'il avait plus ou moins finit son cycle de ce genre-là et il s'est renouvelé dans le cinéma asiatique.
 
Ainsi je distingue 4 degrés à cet état:
-Fan
-Geek
-Nerd
-Otaku
Quatre graduations qui vous coupent des autres !
 
Coïncidence amusante, Arte a passé un très court module presque en même temps que le doc de Yannick Dahan sur les jouets Kinder. Je suis assez perplexe sur cette collection mais ma curiosité en était stimulée. Après tout, les collectionneurs de Kinder nous envisagent peut-être de la même manière! Le point essentiel que j' ai retenu était justement l'affranchissement par rapport à l'art objectif et l'appropriation des vulgus pecum (nous le public) de leur propre culture fut-elle issue de biens de consommation courants. C'est exactement ce critère qui est mis en évidence dans le doc' de Dahan, quoique j' ai plus ressenti une revendication fière et légitime.
En définitif, ce document m’a paru fort intéressant. Et vous, qu’en pensez-vous ?
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Publié dans Ciné TV DVD

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