300 ou l'impasse d'un certain cinéma

Publié le par Alexandre Bouscary

Il y a une semaine sortait le dvd du film 300, réalisé par Zack Snyder, actuellement sur Watchmen ; l'occasion de revenir sur ce film ovni. Tantôt hilarant, lassant, balourd, pesant de par la reprise des fatiguants narratifs de Miller, maladroit dans sa gestion des séquences d'émotion, ce film ne restera pas dans les annales. Même si l'on ne décroche pas (notamment grâce à des punchlines comme celle ci-dessous) devant la surenchère d'effets visuels plus ou moins outranciers et devant le bestiaire mis en scène, ce film à le mérite dans toute sa laideur de poser la question de la virtualisation (en marche) du cinéma.



Car c'est là que se situe l'impasse de ce genre. Dans la reconstitution hasardeuse de corps et d'une physique improbable par le biais de la 3d. Passe encore que le Silver Surfer semble léger comme une plume, mais lorsqu'il s'agit d'une bête de plusieurs tonnes chargeant à toute vitesses, c'est un tantinet plus gênant. Dans le monde des jeux vidéos, les afficionados de Pes et Fifa puisent la source de leur rivalité autour du moteur physique du ballon, plus ou moins réaliste selon les opinions. Les grands cinéastes modernes, ceux qui ont le mieux décrypté notre société se sont interessés de près ou de loin au sujet. Antonioni, grand amateur de physique, développe dans le Cerf-Volant (scénario non réalisé) une longue discussion d'astrophysique, et oriente son cinéma autours du rôle central de la lumière. Godard, dans son épisode de France Tour Détour intitulé Lumière Physique développe le sujet avec sa réthorique si personnelle. Dans 300, beaucoup d'impacts physiques restent sans poids, et l'étalonnage ou la bande son tonitruante ne suffisent pas à masquer ce manque. Peut-être que l'impossibilité de croire à ces spartiates de pacotilles explique le succès de véritables machines de guerre, elles bien physiques, comme Sébastien Chabal...
Publicité

Publié dans Ciné TV DVD

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
ok pour "les fatigants narratifs de miller". je suis d'accord.<br /> Pour la physique du film, je vous trouve un peu dur. On voit dans 300 des plans séquences parfaitement cinematographiques (où voir ça ailleurs ?) que l'Antonioni de profession reporter (à rehabiliter) n'aurait pas renié.<br /> Et qui dit plans séquence, dit necessairement physique. 300, où la pacotille est mise sur un piedestal, ou quand l'imitation du plomb (aux bruitages, aux les ralentis, dans les gros plans sur muscles huileux) est à la fois jouissive et complétement débile. Bref, vous l'aurez compris, j'aprecie ça comme une grosse blague. A la balourdise si léché, si étudiée, que ça force carrément le respect (comme Chabal)
Répondre
M
Franchement, je te trouve très dur avec ce film... Ok tous les effets spéciaux n'étaient pas formidables (notamment le loup du début), mais malgré tout, ça reste pour moi un très bon moment de cinéma !<br /> (+1 avec le commentaire précédent...)
Répondre
C
Les fatigants narratifs de Miller ???<br /> <br /> C'est une blague ?
Répondre
M
J'aime bien cette article. la fin m'a fait bien rire!<br /> Moi j'ai bien aimé ce film, mais j'avoue que les scènes sont parfois surrencheris en effets spéciaux.<br /> <br /> Pourriez vous parlez dans un article deu comics Dark Tower pour nous donner quand sortira t'il en France et sous quel éditeur, si vous avez l'info?<br /> <br /> En tout cas, continuez ce blog! c'est géniale!
Répondre