Rise & Fall of the Shiar Empire

Ceux qui ont lu Uncanny X-Men ces 7 dernières années savent que le traitement fait à la série mère et historique de la franchise X n'a pas été des plus tendres.
Ian Churchill, Joe Casey, Chuck Austen, Philip Tan, Kia Asamiya, Chris Claremont, Roger Cruz, rien ne leur aura été épargné. A part quelques jolis épisodes à regarder signés Alan Davis, Chris Bachalo ou Olivier Coipel, pas grand chose d'intéressant ne fût proposé.
Puis vint Ed Brubaker. Avec Deadly Genesis, il a ré-inventé le passé des X-Men de façon incroyable. Il a réduit le professeur Xavier à un rôle de sombre manipulateur dépassé par les évenements et faisant des choix discutables, introduit Vulcan, le 3ème frère Summer, et ouvert les portes de Rise & Fall of the Shi'ar Empire, une saga d'un an (12 épisodes) savoureuse qui a su redonner aux Uncanny X-Men un goût autre que celui de l'amertume.
Malgré le talent de personnes comme John Byrne ou Jim Lee, les sagas des X-Men dans l'espace m'ont toujours lassé. J'ai toujours trouvé les Shi'ar d'un ennui mortel, et les Starjammers d'un ridicule absolu. Il aura donc fallu attendre Ed Brubaker pour que je change d'avis et qu'une lueur d'intérêt vienne poindre dans mon regard désabusé. La force de brubaker, c'est son écriture : il rend les choses simples, lisibles, agréables, faciles d'accès. Ceux qui ont lu ses Daredevil et ses Authority Revolution savent de quoi je parle. Il a un talent fou, transforme le banal en chef d'oeuvre, il sait y faire et plaire aux lecteurs, c'est avec Brian K. Vaughan une des meilleures choses qui soit arrivé aux comics ces dernières années.
Ce run d'Uncanny raconte la vengeance de Vulcan qui part en quête pour détruire l'empire Shi'ar qui lui a volé sa vie. Il emmène une équipe de X-Men de second choix (Warpath, Polaris, Havok...) dans l'espace pour une saga épique et bien orchestrée qui verra des retournements de situation et des moments de bravitude extrême. C'est ça aussi la force de Bru, c'est d'écrire une histoire forte avec des X-Men de reserve, et d'arriver à nous faire vivre des choses, à donner un passé et un présent à des héros de série B, le tout dans une histoire plaisante : bref, c'est la classe.
Sans dévoiler l'histoire ni sa fin, Shi'ar Empire s'inscrit dans la lignée des saga X-Men qui restent : c'est malin, bien foutu, et agréablement bien dessiné. En effet, et malgré les idées reçues, Billy Tan a progressé depuis son affreux Spirit of the Tao. Son style rabougri est devenu plus propre et plus grand, presque joli par moment. Ses scènes d'actions sont spectaculaires, il s'est approprié les X-Men, aidé sur 3 numéros par une découverte : Clayton Henry, dont le dessin rappelle des grands noms comme Kevin Maguire ou Tom Raney. Un talent prometteur.
Une très bonne saga qui réconcilie les fans que nous sommes. Vivement la suite.